Mes lèvres trempent dans un bol trop chaud de chocolat. Je somnole encore un peu, j'ai dormi toute la journée. Je n'ai pas beaucoup de force et je n'ose pas me regarder dans une glace. L'écran de mon téléphone, qui est reflété par la lumière du réverbère de dehors, laisse paraitre des milliers de traces de doigts. Je suis entrain de lire un livre qui me replonge quelques semaines au par avant, lorsque j'entends mieux leurs voies avant de m'endormir. C'est un exercice très difficile, se souvenir de voix que l'on a entendu qu'une fois. Même si les mots marquent, plus on essaye de se souvenir des voix, plus elles nous paraissent vagues. Les traits du visage aussi, qui nous paraissaient pourtant nets et inoubliables flottent parmi nos souvenirs. L'acte en lui même nous hante et nous hantera toute notre vie, mais pas les détails. Comme dans une relation amoureuse. On croit se souvenir de tout, parce que c'est notre histoire, mais certains détails nous échappent. Et plus les jours passent, plus on les oublie. Un baiser déposé, une main qui nous effleure, un fou rire. Seul les plus grand souvenirs restent. La rencontre, le premier je t'aime, la première fois, les voyages. Ma plus grande crainte c'est d'oublier. Parce que pour moi lorsque j'oublie, c'est comme si je n'avais pas profité de ce moment. Or depuis longtemps, je me jure de profiter de chaque instant.